Si le musulman croit en l’origine divine des Ecritures antérieures au Coran, il croit également que la Bible a été altérée. Dieu dit dans le Coran : « Espérez-vous que les fils d’Israël acceptent votre foi alors qu’une partie d’entre eux, après l’avoir écoutée et en avoir saisi toute la portée, ont sciemment falsifié la parole de Dieu ? »[1]
Annoncée il y a plus de quatorze siècles par le Coran, cette réalité est aujourd’hui admise par les chrétiens eux-mêmes. Voici ce qu’affirme le très catholique dictionnaire Vigouroux au sujet des livres de l’Ancien Testament : « Soumis aux conditions ordinaires de la transcription des livres, ils avaient dû subir les injures du temps et être victimes de l’incurie des copistes. Des fautes s’étaient inévitablement introduites dans les copies successives, puisque Dieu n’avait pas jugé bon d’intervenir par un miracle pour empêcher toute altération des écrits, dont il était l’auteur. Leur nombre et leur importance dépendaient de la multiplication des copies. Or, nous ignorons si les Livres Saints des Juifs étaient copiés souvent. Restreints à un petit peuple peu lettré et confiés à la garde des prêtres, qui surveillaient au moins les copies de la Loi, ils n’ont vraisemblablement pas subi de graves altérations. Cependant ils n’ont pas pu échapper à toute modification, involontaire ou même volontaire. »[2] « Confiés à la garde des prêtres » écrit le dictionnaire Vigouroux, comme l’affirme clairement cet autre verset coranique : « Nous avons révélé la Torah qui renferme une bonne direction et une lumière. Ce fut d’après ce Livre que les prophètes soumis à la volonté de Dieu rendaient justice aux juifs, de même que les rabbins et les docteurs de la loi qui jugeaient conformément aux Ecritures qui leur furent confiées et dont ils furent longtemps les gardiens. »[3]
Contrairement à la Bible, dont la garde fut confiée aux hommes qui ont été incapables de la préserver, le Coran a été entouré d’une attention toute particulière par Dieu qui s’est chargé lui-même de le préserver de toute altération. Le Très Haut dit dans le Coran : « C’est nous, en vérité, qui avons révélé le Coran et c’est nous qui veillons à son intégrité. »[4] Cette réalité est aujourd’hui admise par une grande partie des spécialistes de l’islam, à l’image de l’orientaliste écossais William Muir qui écrit : « Il n’y a probablement aucun livre au monde qui, comme le Coran, a conservé sa pureté originelle sur une aussi longue période. Il est resté inchangé depuis maintenant douze siècles. »[5] Laura Veccia Vaglieri, orientaliste italienne, confirme ce point de vue : « Nous disposons d’une autre preuve de l’origine divine du Coran dans le fait que son texte s’est admirablement conservé, sans subir la moindre altération tout au long des siècles, depuis sa révélation jusqu’à ce jour. »[6]
La Bible, Ancien et Nouveau Testament, a malheureusement subi un sort tout à fait différent comme le prouvent les nombreuses contradictions, erreurs et invraisemblances relevées dans ce livre que les chrétiens considèrent pourtant comme la parole de Dieu inspirée aux hommes.
[1] Coran 2, 75.
[2] Dictionnaire de la Bible Vigouroux, tome 5, deuxième partie, p. 2103.
[3] Coran 5, 44.
[4] Coran 15, 9.
[5] The Life of Muhammad from Original Sources, Muir, John Grant, Edinburgh, 1923, Introduction, p. XXII-XXIII.
[6] An Interpretation of Islam, Vaglieri, Goodword Books, New Delhi, 2004, p. 44.