L’excommunication des compagnons

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L’excommunication de la majorité des compagnons

Al-Koulayni attribue ces paroles à Al-Bâqir, le cinquième imam chiite : « Les musulmans ont apostasié après la mort du Prophète – qu’Allah le couvre d’éloges, ainsi que sa famille – à l’exception de trois d’entre eux. » Interrogé sur leur identité, il aurait répondu : « Al-Miqdâd ibn Al-Aswad, Abou Dharr Al-Ghifâri et Salmân Al-Fârisi. »[1]

Pourtant, les chiites rapportent eux-mêmes ces paroles du Messager d’Allah r : « Mes compagnons sont à l’image des étoiles. Suivez n’importe lequel d’entre eux, vous serez bien guidés » et celles-ci : « Laissez mes compagnons en paix »[2]. Par ailleurs, Al-Hasan Al-‘Askari, leur onzième imam, rapporte que Moïse r interrogea Allah en ces termes : « Y a-t-il parmi les compagnons des prophètes des hommes plus nobles pour Toi que mes compagnons ? » Allah U répondit : « Moïse ! Ne sais-tu pas que la supériorité des compagnons de Mouhammad sur l’ensemble des compagnons des Messagers est à l’image de la supériorité de la famille de Mouhammad sur l’ensemble des familles des prophètes, et à l’image de la supériorité de Mouhammad sur l’ensemble des Messagers ? »[3]

Les chiites, pour lever cette contradiction entre leurs croyances au sujet des compagnons, présentés comme des apostats à l’exception d’un petit nombre, et ces paroles très élogieuses du Prophète r à leur sujet, attribuent ces mots à Ar-Ridâ, leur huitième imam : « Ceci est vrai, mais il visait par-là ceux qui n’ont pas dévié après lui. »[4]

Ou bien ils expliquent ces traditions par la nécessité, pour les imams, de se protéger du mal de leurs ennemis[5] !

Pourtant Allah le Très Haut a affirmé à plusieurs reprises dans Son livre qu’Il était satisfait des compagnons y et Il a maintes fois loué leurs mérites. Il dit par exemple : « Les tout premiers croyants, parmi les émigrés et les Ansars, ainsi que ceux qui ont fidèlement suivi leur voie, Allah les agrée de même qu’ils L’agréent. »[6] Et Il dit : « Ne sont pas égaux ceux d’entre vous qui ont dépensé leurs biens et combattu avant la conquête de la Mecque et les autres. Les premiers occupent un rang plus élevé que ceux qui ont dépensé de leurs biens et combattu après. Mais à tous, Allah a promis la plus belle des récompenses. »[7]

Une haine viscérale pour les premiers califes

Si trois hommes sur les dizaines de milliers de compagnons échappent à l’opprobre des chiites, trois hommes parmi eux leur inspirent une haine féroce : les trois premiers califes : Abou Bakr As-Siddîq, ‘Oumar ibn Al-Khattâb et ‘Outhmân ibn Al-‘Affân y, coupables à leurs yeux d’un péché suffisamment grave pour justifier une scission irréparable entre chiites et sunnites et des guerres fratricides entre eux : avoir accédé au pouvoir avant ‘Ali t, objet de leur vénération. Et là encore, les imamites ont inventé des versets contre leurs ennemis déclarés ou interprété des passages coraniques comme une allusion à ces derniers. Ainsi, ils prétendent que, selon leur sixième imam, As-Sâdiq, ces paroles d’Allah : « Il a fait naître dans vos cœurs l’amour de la foi qu’Il a rendue désirable à vos yeux », font référence à ‘Ali t, tandis que la suite du verset : « de même qu’Il vous a rendu haïssables l’impiété, le péché et la désobéissance » désigne le premier, le second et le troisième calife[8].

Al-Koulayni, pour sa part, attribue mensongèrement ces paroles à Al-Housayn ibn Thouwayr et Abou Salamah As-Sarrâj :

Nous avons entendu l’imam Abou ‘Abdillah u maudire, à la fin de chaque prière obligatoire, quatre hommes et quatre femmes : untel, untel, untel et Mou’âwiyah, unetelle, unetelle, Hind et Oumm Al-Hakam, la sœur de Mou’âwiyah[9].

Leur cheikh Al-Majlisi explique : « Les trois « untel » correspondent aux trois hommes, dans l’ordre de leur accession au pouvoir, tandis que les deux « unetelle » visent ‘Âïchah et Hafsah. »

Voici à présent des textes inventés par les chiites et attribués à leurs imams concernant chacun des califes en particulier.

1-Abou Bakr

Les duodécimains affirment que le premier calife, Abou Bakr As-Siddîq t, fut « un idolâtre »[10]. Ils prétendent également qu’il refusa, avant de mourir, de prononcer la Chahâdah et qu’il informa ceux qui étaient présents qu’il entrerait « dans une caisse de feu fermée à l’aide d’un cadenas de feu, où se trouvent douze hommes dont moi et mon compagnon. » Interrogé si ce dernier était ‘Oumar, il répondit : « Oui, et dix autres dans l’un des puits de l’Enfer recouvert d’une immense pierre. Lorsque Allah voudra attiser le feu de la Géhenne, Il soulèvera cette pierre…»[11].

 

 

2-‘Oumar

L’ayatollah Khomeiny décrit le calife ‘Oumar t comme un mécréant et un impie : « Le Messager déploya tous ses efforts pour guider les hommes, supportant pour cela toutes les peines et toutes les souffrances. Mais à peine avait-il quitté ce monde que ‘Oumar ibn Al-Khattâb se mettait à prononcer des paroles mensongères, fruits de sa mécréance et de son impiété, et qui s’opposaient clairement aux versets coraniques. »[12]

Quant à Abou Lou’louah, l’assassin de ‘Oumar, les imamites le surnomment : « Le père courage »[13]. Ils lui ont même bâti un mausolée aux environs de Kashan, ville située entre Téhéran et Ispahan.

Pourtant, selon les sources chiites, après sa toilette mortuaire, ‘Ali t regarda ‘Oumar t dans son linceul et prononça ces mots : « Je ne voudrais rencontrer Allah avec les œuvres de nul autre homme que celui-ci. »[14]

Selon les cheikhs chiites, beaucoup de ces contradictions s’expliquent par la nécessité pour les chiites et leurs imams de se protéger de leurs ennemis (Taqiyyah). La Taqiyyah est donc devenue, pour les cheikhs chiites, un instrument qu’ils utilisent à leur guise lorsqu’ils souhaitent rejeter des traditions qui ne vont pas dans le sens de leurs croyances et expliquer les innombrables contradictions dont leurs textes sont parsemés.

En outre, le même ‘Ali t a donné à ‘Oumar t la main de sa fille Oumm Koulthoum, comme le rapporte le plus grand des historiens chiites, Ahmad ibn Abi Ya’coub, dans ses chroniques où il écrit : « Cette année-là, ‘Oumar demanda à ‘Ali ibn Abi Tâlib la main d’Oumm Koulthoum, fille de ‘Ali et de Fâtimah, la fille du Messager d’Allah. ‘Ali répondit que sa fille était encore jeune. Mais ‘Oumar affirma : « Je ne veux pas l’épouser pour ce que tu crois. » ‘Oumar l’épousa donc en lui offrant une dot de dix mille pièces d’or. »[15]

De deux choses l’une, soit ‘Ali t n’était pas infaillible, puisqu’il a donné sa fille en mariage à un mécréant, soit ‘Oumar t n’était pas mécréant, mais au contraire un homme si respectable pour ‘Ali t qu’il a cru bon de lui donner la main de sa fille.

La haine que les chiites vouent aux deux premiers califes est bien supérieure à celle qu’ils vouent au troisième.

L’ayatollah Khomeiny écrit à leur sujet : « Notre propos n’est pas ici de montrer la manière dont Abou Bakr et ‘Oumar se sont opposés au Coran, ont joué avec les lois divines, ont rendu de leur propre initiative certaines choses licites et d’autres illicites, et ont lésé Fâtimah, la fille du Prophète, et ses descendants, mais simplement de montrer leur ignorance des lois divines et des prescriptions religieuses. »[16]

Al-Majlisi a inventé ce récit qu’il attribue à l’un des esclaves de ‘Ali, fils d’Al-Housayn : Alors que je me trouvais un jour seul à seul avec lui, je lui dis : « Tu me dois quelque chose. Ne vas-tu pas me parler de ces deux hommes, Abou Bakr et ‘Oumar ? » Il répondit : « Ce sont deux mécréants et quiconque les aime est lui aussi mécréant. »[17]

Le cheikh par excellence des chiites, Al-Koulayni, attribue l’imam Abou ‘Abdillah les paroles suivantes : « Il y a trois catégories de personnes auxquelles Allah n’adressera pas la parole le Jour de la résurrection, qu’Il ne purifiera pas, et qui sont voués à un douloureux châtiment : quiconque affirme sans droit avoir été désigné par Allah comme imam, quiconque renie un imam désigné par Allah et quiconque reconnaît à ces deux hommes une part d’islam. »[18]

Abou Bakr t et ‘Oumar t sont également surnommés par eux : Pharaon et Hâmân. Al-Majlisi rapporte, en effet, qu’Al-Moufaddal aurait interrogé l’imam Abou ‘Abdillah en ces termes : « Maître ! Qui sont Pharaon et Hâmân ? » Il aurait répondu : « Abou Bakr et ‘Oumar. »[19]

Le même Al-Majlisi fit ce commentaire : « Nous disons que les traditions qui témoignent de la mécréance d’Abou Bakr et ‘Oumar, et de leurs semblables, des nouveautés qu’ils ont introduites dans la religion, et de la récompense réservée à ceux qui les maudissent et les désavouent, ces traditions donc sont trop nombreuses pour être rassemblée dans un recueil, quand bien même celui-ci se composerait d’une multitude de volumes. D’ailleurs, les traditions rapportées ici sont amplement suffisantes pour celui qu’Allah veut guider vers le droit chemin. »[20]

Al-Koulayni, leur savant de référence, attribue mensongèrement ces paroles à leur cinquième imam : « Le Jibt et le Tâghout sont Untel et Untel. »[21] Al-Majlisi fit alors ce commentaire : « Il entend par Untel et Untel : Abou Bakr et ‘Oumar. »[22]

Le même Al-Koulayni rapporte pourtant qu’une femme demanda à l’imam As-Sâdiq si elle devait reconnaître Abou Bakr et ‘Oumar et les aimer. Il lui répondit : « Reconnais-les. » Elle dit alors : « Je dirai à mon Seigneur, lorsque je le rencontrerai, que tu m’as ordonné de les reconnaître. » « En effet » dit-il[23].

La haine viscérale que les chiites vouent aux deux premiers califes, ‘Oumar en particulier, s’explique également par le rôle qu’ils ont joué dans la chute de l’empire perse. Le nationalisme iranien a en effet joué un rôle non négligeable dans la naissance du chiisme. Rappelons que l’un des très rares compagnons qui, selon les chiites, n’ont pas apostasié après le Prophète r, est Salmân Al-Fârisi, Salmân le Perse t. En outre, si Abou Bakr et ‘Oumar, les deux plus nobles compagnons du Messager d’Allah t, sont, selon eux, voués aux flemmes éternelles de l’Enfer, il n’en est pas de même de l’empereur perse Chosroes, adorateur du feu, qui sera sauvé de l’Enfer. Al-Majlisi attribue en effet ces paroles à ‘Ali t : « Allah l’a sauvé de l’Enfer qui lui est interdit. »[24] 

C’est ce même nationalisme qui poussera Khomeiny à dire : « J’ose affirmer que le peuple iranien aujourd’hui, avec ses millions d’habitants, est meilleur que les habitants du Hedjaz à l’époque du Messager d’Allah. »[25]

Remarquons que celui des trois premiers califes que les chiites haïssent le plus est ‘Oumar t qui est aussi celui sous le règne duquel les conquêtes en direction de la Perse ont été les plus spectaculaires, suivi d’Abou Bakr t, à l’époque duquel la conquête de la Perse a débuté. Lorsque ‘Outhmân t accédera au pouvoir, la conquête de la Perse est presque achevée, ce qui peut expliquer que le troisième calife n’inspire pas la même haine aux chiites que ses deux prédécesseurs.

Une question se pose à ce niveau : si les trois premiers califes étaient réellement mécréants comme le prétendent les chiites, tandis que ‘Ali t était l’imam infaillible qui méritait de succéder directement au Prophète r, pour quelle raison les conquêtes musulmanes se sont déroulées pendant les règnes d’Abou Bakr et ‘Oumar, en particulier, et ‘Outhmân, dans une moindre mesure, et se sont quasiment arrêtées durant les cinq années d’exercice du pouvoir de ‘Ali t, marquées il est vrai par des luttes intestines entre musulmans ? En sachant qu’Allah le Très Haut fit cette promesse aux croyants : « Allah promet à ceux d’entre vous qui croient et accomplissent de bonnes œuvres de leur faire hériter de l’autorité sur terre comme il le fit avec leurs devanciers, de faire triompher la religion qu’il a choisie pour eux et de remplacer leurs craintes par la sécurité. Et ce, tant qu’ils l’adoreront sans rien lui associer. »[26]

3-‘Outhmân

Même s’il n’inspire pas aux chiites un haine aussi féroce que ses deux prédécesseurs, ‘Outhmân t est tout de même, à leurs yeux, « un mécréant qui méritait la mort »[27].

Et ils prétendent que les paroles : « S’imagine-t-il que personne ne pourra rien contre lui » se rapportent à ‘Outhmân t, coupable selon eux de la mort de son épouse et fille du Prophète r.

Ils attribuent ce commentaire à leur cinquième imam au sujet des paroles d’Allah : « S’imagine-t-il que personne ne pourra rien contre lui ? » Il aurait dit : « Il s’agit de Na’thal[28] coupable d’avoir tué la fille du Prophète. » Il dit : « J’ai dépensé une immense fortune. » Autrement dit : la fortune qu’il dépensa pour l’équipement de l’expédition de Tabouk. « Pense-t-il que personne ne l’a vu » mener une vie dissolue ? « Ne lui avons-Nous pas donné deux yeux », c’est-à-dire, le Messager d’Allah, « une langue », c’est-à-dire, le commandeur des croyants, « et deux lèvres », c’est-à-dire, Al-Hasan et Al-Housayn. »[29]

La fille du Prophète r qu’ils l’accusent d’avoir tuée est Rouqayyah.

Leur cheikh Al-Majlisi ose écrire : « Il a tué Rouqayyah, la fille du Messager d’Allah avant de forniquer avec l’esclave de cette dernière. »[30] !

Les cheikhs chiites reconnaissent pourtant eux-mêmes que ‘Ali t a donné à certains de ses fils les noms des trois califes que les chiites présentent pourtant comme ses pires ennemis. Ainsi son épouse Laylâ bint Mas’oud Al-Handhaliyyah lui a donné un fils qu’il a appelé Abou Bakr, tandis que ‘Oumar est le nom du fils de ‘Ali t et d’Oumm Habîb As-Sahbâ’ bint Rabî’ah Al-Bakriyyah. Le nom de ‘Outhmân, quant à lui, fut choisi par ‘Ali pour deux de ses enfants : le premier lui a été donné par Oumm Al-Banîn et le second – surnommé ‘Outhmân Al-Asghar (le cadet) – par Asmâ’ bint ‘Oumays Al-Khath’amiyyah.

Les épouses du Prophète

Ils considèrent ‘Âïchah et Hafsah, qu’Allah les agrée, comme deux mécréantes. Ainsi, les cheikhs chiites rapportent, d’après leur imam Abou ‘Abdillah, que les paroles : « Lorsque le Prophète fit une confidence à l’une de ses épouses » font référence à Hafsah qui, selon lui, est devenu mécréante en prononçant ces paroles : « Qui t’a informé de cela ? » Par ailleurs, explique-t-il, Allah a dit d’elle et de sa sœur : « Si toutes deux vous revenez repentantes à Allah, c’est que vos cœurs se sont inclinés (saghat) », c’est-à-dire, ont dévié (zâghat). Or, le « zaygh » représente la mécréance. »[31]

En outre, ils croient que ce sont ‘Aïchah, Hafsah et leurs pères[32] qui ont tué le Messager d’Allah r. Ils attribuent en effet ces paroles au même imam : « Savez-vous si le Prophète r est mort de mort naturelle ou a été tué ? Car Allah dit : « S’il venait à mourir, ou s’il était tué, tourneriez-vous les talons ? » En réalité, il a été empoisonné avant sa mort. Ces deux femmes l’ont empoisonné avant sa mort. Nous disons donc que ces deux femmes et leurs pères sont les pires créatures d’Allah. »[33]

Une haine particulière envers ‘Âïchah

Selon leur imam Abou ‘Abdillah toujours, « Pharaon » dans les paroles « Pharaon, ses devanciers et les cités renversées, se sont livrés au péché » désignent le troisième calife, tandis que « ses devanciers » sont les deux premiers califes. Quant au terme « péché », il désigne ici ‘Âïchah[34] !

C’est également à ‘Âïchah que ce verset de la sourate L’araignée ferait référence selon Sâlim ibn Moukarram, d’après son père qui rapporte avoir entendu leur cinquième imam dire au sujet des paroles d’Allah : « Ceux qui prennent des protecteurs en dehors d’Allah sont à l’image de l’araignée qui prend pour demeure une simple toile » : « Il s’agit d’Al-Houmayrâ’[35] »[36]

Les chiites prétendent également que les paroles : « N’agissez pas comme cette femme qui défait ce qu’elle a soigneusement filé » font référence à ‘Âïchah, l’épouse préférée du Prophète r[37].

Ils croient que ‘Âïchah était une fornicatrice. Ainsi, Rajab Al-Boursi rapporte mensongèrement ces paroles qu’Al-Hasan, fils de ‘Ali t, aurait adressées à ‘Âïchah : « Tu as alors pris une bourse de couleur verte où tu avais rassemblé le salaire de tes turpitudes et dont tu as retiré quarante pièces d’or, sans même en connaître la valeur, que tu as distribuées aux ennemis de ‘Ali appartenant aux tribus de Taym et de ‘Adi. L’assassinat de ‘Ali fut d’ailleurs pour toi un soulagement. » Elle reconnut alors : « Les choses se sont en effet déroulées ainsi. »[38]

De même, leur cheikh As-Sadouq attribue mensongèrement ces paroles à leur cinquième imam : « Lorsque l’imam de la Résurrection réapparaîtra, Al-Houmayrâ’ sera ressuscitée et lui sera présentée afin qu’il lui inflige la peine légale. »[39]

Les cheikhs chiites accusent donc ‘Âïchah, décrite comme la plus mauvaise des créatures, d’adultère alors qu’Allah l’en a innocentée dans Son Livre. Or, y a-t-il pire offense pour un homme que d’être présenté comme un mari trompé ?! Allah le Très Haut dit : « Aux hommes mauvais, les femmes mauvaises, et aux femmes mauvaises, les hommes mauvais. Aux hommes vertueux, les femmes vertueuses et aux femmes vertueuses, les hommes vertueux. Ceux-là sont innocents des accusations portées contre eux. Ils obtiendront pardon et dons généreux»[40]

L’excommunication des sunnites

Si les chiites n’hésitent pas à traiter de mécréants les meilleurs hommes de cette communauté, les compagnons, et les meilleures femmes, les épouses du Prophète r, alors il ne faut guère s’étonner de les entendre excommunier ce qu’ils appellent les Nawâsib (pluriel de Nâsib), c’est-à-dire, ceux qui, selon eux, ont déclaré (nâsabou) leur animosité à la famille du Prophète r, autrement dit : tous les musulmans non chiites. Et ce, même si ces musulmans, comme tout musulman digne de ce nom, n’éprouve aucune animosité envers cette famille, mais au contraire un profond amour. Car l’amour ou la haine envers la famille du Prophète r se juge, d’après eux, à un seul critère : la mission des imams. Quiconque croit en cette mission est un partisan de la famille du Messager r, quiconque la renie, son ennemi.

Ainsi, Al-Koulayni rapporte dans son livre de référence Al-kâfi, d’après Abou Hamzah, ces paroles que celui-ci attribue à leur cinquième imam : « L’ange Gabriel est descendu avec ce verset ainsi : « Ceux qui ont rejeté la foi et se sont montrés injustes (envers la famille de Mouhammad)[41], Allah ne saurait leur pardonner et les mettre sur la bonne voie. Il les placera, au contraire, sur la voie de la Géhenne où ils demeureront à jamais, chose des plus aisées pour Allah. » »[42]

Voici comment ils jugent les sunnites.

1- Ils ne sont musulmans qu’en apparence. Les chiites affirment unanimement qu’ils sont voués à l’Enfer.

Al-Majlisi affirme : « Ceux qui affirment qu’ils – c’est-à-dire, les sunnites – sont musulmans veulent en réalité dire par là que la plupart des règles s’appliquant aux musulmans s’appliquent à eux en apparence, non qu’ils seraient réellement musulmans. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nos savants sont unanimes pour affirmer qu’ils entreront en Enfer…».

Al-Majlisi poursuit : « Certaines – voire de nombreuses – traditions indiquent qu’ils doivent être considérés comme des mécréants également ici-bas. Mais, ayant su que les chefs de l’iniquité et leurs partisans domineraient les chiites qui seraient contraints de vivre avec eux, de les fréquenter et de se marier avec eux, Allah leur a appliqué les règles de l’islam afin de faciliter les choses aux chiites. Puis, quand apparaîtra le Mahdi, il leur appliquera en toutes choses les règles qui s’appliquent aux mécréants. Et dans l’au-delà, ils entreront en Enfer pour y demeurer à jamais avec les impies. Voilà la meilleure manière de concilier les textes, comme l’ont indiqué Al-Moufîd et Ach-Chahîd Ath-Thâni. »[43]

 

2- Ils sont, selon l’avis unanime des chiites, impurs et impies.

L’ayatollah Khomeiny écrit : « Plusieurs éléments indiquent qu’ils sont impurs, au nombre desquels de multiples traditions qui établissent leur mécréance…»[44].

Il affirme par ailleurs : « Il n’est pas permis à une croyante d’épouser un Nâsib. De même qu’il n’est pas permis au croyant de se marier avec une Nâsibah ou une extrémiste, car l’un et l’autre sont considérés comme des mécréants, quand bien même ils adhéreraient à l’islam. »[45]

3- Il n’est pas permis d’accomplir la prière funèbre sur eux, ni de consommer la viande des bêtes égorgées par eux.

Leur guide suprême, Khomeiny, écrit : « Il est obligatoire d’accomplir la prière funéraire sur tout musulman, y compris – selon l’avis le mieux fondé – sur ceux qui s’opposent à la vérité. En revanche, il n’est pas permis d’accomplir cette prière sur le mécréant, quel qu’il soit, y compris les apostats et ceux, parmi les hommes et les femmes qui professent l’islam, qui sont jugés comme mécréants, à l’image des Nawâsib. »[46]

Et il dit : « La viande des animaux égorgés par tout musulman, quel que soit le courant auquel il appartient, est autorisée, à l’exception notoire du Nâsib, quand bien même celui-ci agirait comme un musulman. »[47]

4- Ce sont des enfants adultérins

Leur cheikh par excellence, Al-Koulayni, attribue ces mots au cinquième imam : « Par Allah ! Abou Hamzah ! Tous les gens sont des enfants adultérins, à l’exception de nos partisans. »[48]

Par ailleurs, ils attribuent ces paroles au sixième imam : « Nul ne naît sans qu’un démon ne soit présent. Si Allah sait qu’il sera de nos partisans, Il le met à l’abri de ce démon. Et s’il n’est pas appelé à faire partie de nos partisans, le démon lui enfonce l’index dans l’anus, si bien qu’il deviendra un prostitué. Et si c’est une femme, il lui enfonce l’index dans le sexe, si bien qu’elle deviendra une prostituée. »[49]

5- La permission de tuer les sunnites

Ils rapportent ce récit d’Ibn Farqad : Je dis à l’imam Abou ‘Abdillah : « Que dis-tu du fait de tuer un Nâsib ? » Il répondit : « Cela est permis. Mais je crains pour ta vie. Si donc tu peux faire tomber sur lui un mur ou le noyer, alors fais-le, afin que tu ne sois pas accusé de son meurtre. »[50]

6- L’obligation de voler les sunnites

Ils ont inventé cette tradition : « Empare-toi des biens du Nâsib où que tu le trouves, puis verse-nous-en le cinquième. »[51] Et cette autre : « Les biens du Nâsib ainsi que tout ce qu’il possède te sont autorisés, à l’exception de sa femme. En effet, le mariage des polythéistes est valable. »[52]

Mais pour quelle raison les chiites traitent-ils les sunnites de cette façon ?! Voici la réponse à cette question que nous donne leur cheikh At-Tousi : « La raison en est que quiconque s’oppose aux gens qui suivent la vérité est un mécréant, qui doit donc être traité comme les mécréants. »[53]



[1] Ibidem (8/245).

[2] Bihâr al-anwâr (28/18-19).

[3] Ibidem (13/341).

[4] Ibidem (28/18-19).

[5] Ce qu’ils appellent la Taqiyyah, l’un des fondements du chiisme, à laquelle nous consacrerons un chapitre.

[6] Sourate At-Tawbah, verset 100.

[7] Sourate Al-Hadîd, verset 10.

[8] Bihâr al-anwâr (53/75).

[9] Al-kâfi (3/224) et Tahdhîb al-ahkâm (2/520).

[10] Bihâr al-anwâr (25/172).

[11] Ibidem (30/131), chapitre : Les regrets d’Abou Bakr et ‘Oumar au moment de leur mort pour avoir usurpé le pouvoir à ‘Ali.

[12] Kachf al-asrâr (p. 137-138), de Khomeiny.

[13] Bihâr al-anwâr (95/199).

[14] Ibidem (28/117).

[15] Tahdhîb al-ahkâm (8/1962), d’At-Tousi.

[16] Kachf al-asrâr (p. 126), de Khomeiny.

[17] Bihâr al-anwâr (30/381), chapitre : La mécréance et l’hypocrisie des trois califes, leurs actes honteux, et le mérite de les maudire.

[18] Al-kâfi (1/279-280).

[19] Bihâr al-anwâr (53/17).

[20] Ibidem (30/399), chapitre : La mécréance et l’hypocrisie des trois califes, leurs actes honteux, et le mérite de les maudire.

[21] Al-kâfi (1/324-325).

[22] Bihâr al-anwâr (23/306).

[23] Al-kâfi (8/101).

[24] Bihâr al-anwâr (41/4).

[25] Al-Wasiyyah as-siyâsiyyah (p. 23), de Khomeiny.

[26] Sourate An-Nour, verset 55.

[27] Bihâr al-anwâr (31/166), chapitre : Les fautes et les innovations de ‘Outhmân et leur utilisation comme arguments contre nos opposants.

[28] C’est-à-dire, ‘Outhmân. 

[29] Ibidem (9/251).

[30] Ibidem (31/174).

[31] Ibidem (22/246).

[32] C’est-à-dire, Abou Bakr t et ‘Oumar t.

[33] Ibidem (22/516).

[34] Ibidem (30/260-261).

[35] Surnom de ‘Aïchah.

[36] Ibidem (32/286).

[37] Ibidem (32/286).

[38] Ibidem (32/286).

[39] Ibidem (52/314).

[40] Sourate An-Nour, verset 26.

[41] Les paroles (envers la famille de Mouhammad) sont un ajout des chiites. Voir les versets 168 et 169 de la sourate An-Nisâ’

[42] Al-kâfi (1/424).

[43] Bihâr al-anwâr (8/368-370).

[44]  Kitâb at-tahârah (2/84), de Khomeiny.

[45] Tahrîr al-wasîlah (2/260), de Khomeiny.

[46] Ibidem (1/74).

[47] Ibidem (2/136).

[48] Bihâr al-anwâr (24/311).

[49] Ibidem (4/121).

[50] Ibidem (27/231).

[51] Tahdhîb al-ahkâm (4/849).

[52] Ibidem (6/1540).

[53] Ibidem (1/225).