La négation de la divinité

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La négation de la prédestination

Le refus d’admettre l’autorité des trois premiers califes a conduit les chiites à renier l’un des piliers de la foi du musulman : la croyance en la prédestination. Croire en la prédestination reviendrait en effet à reconnaître que l’accession au pouvoir d’Abou Bakr, de ‘Oumar et de ‘Outhmân a été voulu par Allah et que ce choix fut un bien pour la nation musulmane et pour l’humanité. Et de faite, la grande majorité des chiites, à l’image des Mou’tazilites qui ont largement influencé leurs croyances, renie la prédestination divine. Voici ce qu’affirme à ce sujet leur guide suprême, Khomeiny : « Le Dieu que nous adorons ne peut avoir bâti un édifice fondé sur Son adoration, la justice et l’attachement à la religion, puis le détruire Lui-même en accordant le pouvoir à Yazîd, Mou’âwiyah, ‘Outhmân ou à d’autres tyrans de leur genre, abandonnant ainsi la nation musulmane à son sort après la mort de Son prophète. »[1]

Leur cheikh Ni’matoullah Al-Jazâïri écrit de même : « Nous ne croyons ni au même Dieu qu’eux, ni au même prophète, ni au même imam. En effet, le Seigneur auquel ils croient est Celui dont Mouhammad fut le prophète, suivi par Abou Bakr qui selon eux fut son successeur. Quant à nous, nous ne croyons pas en ce Seigneur, ni en ce prophète. Nous disons au contraire que le Seigneur qui a désigné Abou Bakr comme successeur de Son prophète n’est pas notre Seigneur, de même que ce prophète n’est pas le nôtre. »

 

 

Les chiites, là encore, s’opposent à leurs imams qui, pour leur part, croient en la prédestination. Ainsi, Al-Koulayni attribue ces paroles à leur cinquième imam : « Allah est trop miséricordieux envers Ses créatures pour les contraindre à commettre des péchés avant de les punir pour prix de ces mêmes péchés. Mais Allah aussi est trop puissant pour vouloir une chose sans que celle-ci ne se produise. » Interrogés alors s’il existait une troisième voie entre ceux qui réfutent le libre arbitre et ceux qui réfutent la prédestination divine, ils répondirent : « Oui, une voie plus large que ce qui sépare les cieux de la terre. »[2]

Cette troisième voie est précisément la voie suivie par les sunnites qui affirment que « le serviteur a une capacité à agir et une volonté propres, mais qu’Allah a créé tout cela, de même qu’Il a créé toute chose »[3].

L’imam Abou ‘Abdillah affirme de même : « Malheur à ceux qui réfutent la prédestination divine alors qu’ils lisent ce verset : « …à l’exception de sa femme, que Nous avons destinée à être du nombre de ceux qui seraient exterminés ». Malheur à eux ! Qui, sinon Allah le Très Haut, lui a destiné cela. »[4]

Or, affirmer que les choses et les événements se produisent indépendamment de la volonté d’Allah revient à Lui retirer l’un des principaux attributs de la divinité.

 

 

 

 

 

 

La négation du pouvoir absolu d’Allah

Selon les chiites, les imams ont un véritable pouvoir sur la Création qui n’est pas dirigée par Allah seul.

Ainsi, Al-Koulayni attribue mensongèrement ces mots à l’imam Abou ‘Abdillah : « Ne sais-tu pas que ce monde et l’autre appartiennent à l’imam qui en fait ce qu’il veut et l’accorde à qui il veut. »[5]

Ils attribuent également ces paroles à l’imam Abou ‘Abdillah : « Par nous, les arbres se couvrent de fruits, les fruits arrivent à maturité, les fleuves coulent, la pluie descend du ciel et les plantes poussent de la terre. Et c’est par notre adoration qu’Allah est adoré. Sans nous, donc, Allah ne serait pas adoré. »[6]

L’imam est appelé par eux « Waliyy ». Voici ce qu’écrit Khomeiny au sujet de leur mission et de leur fonction : « Le terme Wilâyah désigne à la fois le fait d’être proche d’Allah, d’être aimé d’Allah et des hommes, d’agir à son gré sur la Création (At-Tasarrouf), de posséder les attributs de la seigneurie (Ar-Rouboubiyyah) et d’être le vicaire d’Allah sur terre. »[7]

Khomeiny, toujours, affirme qu’Allah le Très Haut dira le Jour de la résurrection au Waliyy : « De la part du Vivant, de Celui qui se suffit à Lui-même (Al-Hayy Al-Qayyoum) à l’attention du Vivant, de Celui qui se suffit à Lui-même : Il me suffit de dire à une chose : « Soit », et celle-ci est, et Je t’ai accordé le même pouvoir. »[8]

L’ayatollah Khomeiny, toujours, ose affirmer : « L’imam occupe un rang d’honneur (Maqâm mahmoud) et dispose d’un pouvoir cosmologique sur tous les atomes de la Création. »[9]

Si l’imam « dispose d’un pouvoir cosmologique sur tous les atomes de la Création », on est en droit de se demander ce qu’il reste à Allah comme pouvoir sur Sa Création.

Et voici ce qu’affirme Khomeiny au sujet de leur douzième imam, le Mahdi : « Les événements du monde dépendent aujourd’hui de lui. »[10]

La négation d’autres attributs d’Allah

A partir de la fin du 4ème siècle, influencés par les Mu’tazilites, les cheikhs chiites commencèrent à renier les attributs divins dont l’existence est pourtant établie par le Coran et la Sounnah. Or, ils attribuent ces paroles à leur imam Ar-Ridâ : « Les gens professent trois doctrines différentes au sujet du Tawhîd : l’affirmation des attributs divins mêlée d’anthropomorphisme, la réfutation de ces attributs, et l’affirmation de ces attributs sans anthropomorphisme. Il n’est pas permis de reconnaître les attributs divins tout en les comparant à ceux des hommes, de même qu’il n’est pas permis de nier l’existence de ces attributs. Par conséquent, la seule doctrine autorisée est la troisième : affirmer ces attributs sans tomber dans l’anthropomorphisme[11].

La vision d’Allah

Ils rapportent ce récit d’Ismâ’îl ibn Al-Fadl : J’ai interrogé Abou ‘Abdillah As-Sâdiq sur la vision d’Allah dans l’au-delà. Il me répondit : « Allah est bien trop pur et bien trop élevé pour cela ! Sache, Ibn Al-Fadl, que les regards ne peuvent percevoir que ce qui a une couleur et une qualité (kayfiyyah). Or, Allah est Celui qui a créé les couleurs et les qualités. »[12]

Pourtant, cette croyance imamite s’oppose clairement à ce verset du Coran : « Il y aura, ce Jour-là, des visages éclatants de beauté. »[13] Ainsi qu’à ce passage coranique au sujet des mécréants : « Un voile les privera donc, ce Jour-là, de la vision de leur Seigneur. »[14]

Néanmoins les chiites, qui n’en sont pas à cette première contradiction, rapportent que, interrogé par Abou Basîr en ces termes : « Dis-moi si les croyants verront Allah le Jour de la résurrection », le même imam, Abou ‘Abdillah, aurait répondu : « Oui. »[15]

La descente d’Allah

Les cheikhs chiites réfutent également la « descente » (Nouzoul) d’Allah le Très Haut au ciel de ce monde[16] et considèrent comme mécréant quiconque croit à cet attribut divin !

Pourtant, ils rapportent qu’un homme dit un jour à l’imam Abou ‘Abdillah : « Tu affirmes donc qu’Il descend au ciel de ce monde ? » Abou ‘Abdillah répondit : « Nous affirmons en effet cela, car des traditions authentiques l’établissent. »[17]

Comment s’étonner que des hommes qui ont élevé de simples créatures – les imams – au rang de véritables divinités, n’aient pas dans le même temps rabaissé le seul et véritable Dieu en lui déniant les attributs d’un Dieu comme la sagesse infinie ou la Toute-Puissance ?

 


[1] Kachf al-asrâr (p. 123-124), de Khomeiny.

[2] Al-kâfi (1/112).

[3] Minhâj As-Sounnah (1/20-21), d’Ibn Taymiyah.

[4] Bihâr al-anwâr (5/56).

[5] Al-kâfi (1/308), chapitre : La terre entière appartient à l’imam.

[6] Ibidem (1/103).

[7] Misbâh al-hidâyah ilâ al-khilâfah wa al-wilâyah (p. 57), de Khomeiny.

[8] Ibidem (p. 92).

[9] Al-houkoumah al-islâmiyyah (p. 56), de Khomeiny.

[10] Kachf al-asrâr (p. 137-138), de Khomeiny.

[11] Bihâr al-anwâr (3/304).

[12] Bihâr al-anwâr (4/31), chapitre : Réfutation de la vision d’Allah.

[13] Sourate Al-Qiyâmah, versets 22-23.

[14] Sourate Al-Moutaffifîn, verset 15.

[15] Bihâr al-anwâr (4/44).

[16] Al-kâfi (1/90-91).

[17] Bihâr al-anwâr (3/331).