La parfaite préservation du Coran

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C’est nous, en vérité, qui avons révélé le Coran et c’est nous qui veillons à son intégrité. (Coran 15, 9)

L’orientaliste écossais William Muir écrit : « Il n’y a probablement aucun livre au monde qui, comme le Coran, a conservé sa pureté originelle sur une aussi longue période. Il est resté inchangé depuis maintenant douze siècles. » (The Life of Muhammad from Original Sources, 1923, Introduction, p. XXII-XXIII) Laura Veccia Vaglieri, orientaliste italienne, confirme ce point de vue dans An Interpretation of Islam : « Nous disposons d’une autre preuve de l’origine divine du Coran dans le fait que son texte s’est admirablement conservé, sans subir la moindre altération tout au long des siècles, depuis sa révélation jusqu’à ce jour. » (An Interpretation of Islam, New Delhi, 2004, p. 44.)

Alba Fedeli, chercheuse italienne, a étudié dans le cadre de son doctorat une collection de plus de 3000 livres et documents du Moyen-Orient appartenant à la Bibliothèque de l’Université de Birmingham et rassemblés dans les années 1920 par Alphonse Mingana, un prêtre né près de Mossoul en Irak. La chercheuse a découvert à l’intérieur d’un des ouvrages deux feuillets d’un coran très ancien. L’Université a décidé de procéder à une datation par carbone 14 dont les conclusions, selon la BBC, ont prouvé à 95,4 % que ces deux parchemins seraient vieux d’au moins 1370 ans. Le manuscrit aurait été écrit entre 568 et 645 de notre ère, ce qui en fait l’un des plus vieux corans retrouvés à ce jour. Rappelons que le Coran fut révélé entre 610 et 632, date de la mort du Prophète.

Dans un article intitulé Les plus vieux manuscrits du Coran et publié le 24 janvier 2017 sur le site de l’Institut dominicain d’études orientales, Emilio Platti, professeur de l’Université catholique de Louvain, commente cette découverte : « Suite à la découverte de manuscrits extrêmement anciens du Coran, et à la datation au carbone 14 des folios de Birmingham entre 568 et 645 (soit entre 56 avant l’hégire et 25 après), les chercheurs dans leur majorité refusent aujourd’hui les datations tardives des manuscrits coraniques les plus anciens proposées par exemple par John Wansbrough dans son livre intitulé Quranic studies (Oxford University Press, 1977). Patricia Crone et Michael Cook avaient eux aussi suggéré qu’il n’existait aucune indication de l’existence de corans avant la fin du 1er/7e siècle (Hagarism, Cambridge University Press, 1977). Il semblerait aujourd’hui qu’une meilleure datation serait plus proche du milieu du 1er/7e siècle, voire même avant cette date. »

Les plus vieux corans dateraient donc du milieu du premier siècle de l’hégire, c’est-à-dire, du milieu du 7ème siècle de l’ère chrétienne, vers l’an 650. Le Prophète étant mort en 632, ce texte aurait été consigné peu après sa disparition, et peut-être même de son vivant. Or, ces manuscrits sont rigoureusement identiques aux textes du Coran moderne.

Il en va de même des manuscrits de Sanaa, découverts en 1972 dans la Grande mosquée de la capitale du Yémen. Gerd-Rüdiger Puinest, spécialiste allemand de paléographie arabe, fut chargé par le gouvernement yéménite de restaurer les manuscrits pour lesquels il donna une datation au carbone 14 de 657 à 690. Au cours d’une conférence donnée le 6 octobre 2005 au Collège de France et intitulée Les origines du Coran, Manfred Kropp, islamologue allemand, ancien directeur de l’Institut Allemand des Etudes Orientales de Beyrouth, a souligné que l’étude des manuscrits n’a révélé que de rares erreurs, attribuables naturellement à des fautes de copistes, et précisé : « Tout ce qu’on voit maintenant, tous ces fragments ont une cohérence, une stabilité surprenante. Il y a très peu de différence matérielle dans le Rasm, c’est-à-dire dans le squelette consonantique du texte coranique. Les divergences portent surtout sur la séparation de vers, sur la séparation de sourates, donc des différents chapitres, et des détails des liens philologiques. Sinon c’est vraiment surprenant comment le texte dès le début de son attestation matérielle ait une stabilité énorme, extraordinaire. »

François Déroche, professeur au Collège de France, où il est depuis 2014 titulaire de la chaire Histoire du Coran, texte et transmission, confirme que le Rasm des manuscrits de Sanaa reste fidèle au corpus disponible actuellement, bien qu’il existe des manuscrits dans lesquels les sourates sont organisées dans des ordres différents (Dictionnaire du Coran, Robert Laffont, 2007, p. 735-739).

Parmi les manuscrits coraniques les plus vieux connus aujourd’hui, on trouve également le codex Parisino-petropolitanus, un texte de 98 feuillets découvert au début du 19ème siècle au Caire, dans un dépôt de la grande mosquée de Fustat, dont la bibliothèque nationale de France possède 70 feuillets. François Déroche, grâce à une étude paléographique, fait remonter ce manuscrit au troisième quart du VIIe siècle (650 à 675 apr. J.-C.). Des études comparatives du codex avec le Coran actuel ont été réalisées en 1983 et 2009. Le texte des feuillets disponibles à la Bibliothèque nationale de France n’a pas de différences majeures avec celui-ci. Mathieu Tillier, professeur à la Sorbonne, confirme : « En fin de compte, il apparaît que le codex étudié correspond, avec quelques variantes, à la vulgate Uthmanienne » (La Transmission écrite du Coran dans les débuts de l’islam, Mathieu Tillier, 2009). 

La promesse divine de préserver la révélation coranique de toute transformation peut paraître anodine pour certains et ne pas constituer en soi un miracle. Pourtant, aucun texte religieux avant le Coran ne nous est parvenu dans son état original, à commencer par la Bible dont les critiques affirment unanimement qu’elle fut altérée au cours des siècles.

Bart Ehrman, professeur à la faculté de théologie de l’université de Caroline du Nord, spécialiste du Nouveau Testament, est l’auteur d’un best-seller intitulé Jesus, Interrupted où il démontre que la Bible est remplie d’erreurs, d’incohérences et de falsifications évidentes, mais également que nombre de récits et de doctrines qui fondent la religion chrétienne ne sont pas tirés des Evangiles. Il explique par exemple que seulement 8 des 27 livres du Nouveau Testament ont réellement été écrits par les auteurs à qui ils sont attribués, les autres étant vraisemblablement des contrefaçons, que le Credo et la Trinité sont des constructions tardives, et que la souffrance et la divinité du Christ ne font pas partie des enseignements de Jésus. Voici ce qu’il écrit au sujet des transformations subies par l’Evangile : « Nous n’avons les originaux d’aucun des livres du Nouveau Testament. Les seules copies à notre disposition sont en réalité très éloignées chronologiquement des textes originaux, la plupart leur sont postérieures de plusieurs siècles. Nous avons des milliers de ces copies en grec – la langue dans laquelle tous les livres du Nouveau Testament ont été écrits – mais toutes ces copies contiennent des erreurs, des glissements accidentels de la part des scribes ou des modifications intentionnelles opérées par des scribes voulant changer le texte pour lui faire dire ce qu’ils voulaient ou ce qu’ils croyaient être la vérité. Nous ne connaissons pas le nombre exact d’erreurs dans les copies qui nous sont parvenues, mais elles semblent se compter par centaines de milliers, au point qu’il y a plus de différences entre ces manuscrits que de mots dans le Nouveau Testament. » (Jesus, Interrupted, Harper Collins, 2009, p. 183-184)

Le docteur Maurice Bucaille écrit donc dans La Bible, le Coran, et la science : « Une authenticité indiscutable donne au texte coranique une place à part parmi les livres de la Révélation, place qu’il ne partage ni avec l’Ancien ni avec le Nouveau Testament. Dans les deux premières parties de cet ouvrage, on a passé en revue les remaniements que subirent l’Ancien Testament et les Evangiles avant de nous parvenir dans l’état où ils se trouvent aujourd’hui. Il n’en est pas de même pour le Coran pour la simple raison qu’il a été fixé du temps même du Prophète. » (La Bible, le Coran et la science, Paris, 1976, p. 129)

Cette miraculeuse conservation du texte coranique s’explique en grande partie par le nombre innombrable de musulmans qui, de génération en génération, depuis les premiers compagnons du Prophète jusqu’à ce jour, ont appris le Coran par cœur. Maurice Bucaille écrit à ce sujet : « Le texte fut à la fois récité par cœur, au fur et à mesure de sa Révélation, par le Prophète et les croyants autour de lui et fixé par écrit par les scribes de son entourage. Au départ, il présente par conséquent ces deux éléments d’authenticité que ne possèdent pas les Evangiles. Il en sera ainsi jusqu’à la mort du Prophète. La récitation, à une époque où tout le monde n’écrivait pas mais pouvait retenir par cœur, offre, par la pluralité du contrôle possible au moment de l’établissement définitif du texte, un avantage considérable. » (Ibidem, p. 130)

 

 

Tiré du livre : 100 preuves irréfutables, Mouhammad est le Prophète de Dieu.